Tarantino et moi (2013)

Titre prometteur, « Tarantino et moi ». Et pourtant… L’histoire a commencé hier soir. J’en entends quelques-uns hurlant que « ce n’est pas possible », que « c’est une honte ». Et j’admets totalement ma faute. Faute avouée à demi pardonnée ? Là je m’éloigne de mon but. Reprenons.

Alors évidemment que Tarantino fait partie depuis quelques années déjà de mon « Who’s Who » personnel. Néanmoins jamais je n’avais été tentée de passer le cap. Pas spécialement inspirée. Un jour, peut-être. Sans parler de mon rapport au western, que l’on peut réduire à rien. Là aussi, un jour peut-être… Je n’en ai jamais fait une affaire urgente. A tort, certainement.

Le jour où j’ai combiné les deux est finalement arrivé plus tôt que prévu. Merci, rubrique cinéma du JT d’une chaîne dont j’ai oublié le canal.
– Il a l’air bien ce film, on y va ce week-end ?

Allons-y. Je dis oui mais j’ai quand même en tête que Monsieur Tarantino, si mythique soit-il, est… Particulier. Impression que je dois peut-être à certaines affiches ou certains teasings croisés par hasard. Mais qui dit mythe, dit salle comble (pour toutes les séances de la soirée, s’il vous plaît) cela va sans dire.

Le premier samedi de Django en France est d’une efficacité cosmique. Il y a tout type de personne : jeune ou moins jeune sans l’être trop non plus, novice ou pas, homme ou femme, intello ou curieux. J’ai voulu prendre ça pour un bon signe. Mon idée fixe perdrait-elle tranquillement du terrain ?

Comme je l’ai dit plus haut, au moment d’entrer dans la salle obscure mon idée du cinéma de Tarantino était toute faite, il faut le reconnaître. Et Django, sans me donner raison, ne m’a pas donné tort pour autant. Cette idée n’a donc pas disparu mais s’est affinée. Qu’on se le dise, je trouve toujours Tarantino bizarre voire un peu malsain. Je crois néanmoins que son étrangeté m’a plu, qu’il y a eu un écho .

Alors, vous voulez mon avis ? C’était terrible. De la sueur (un peu), du sang (beaucoup) et des larmes (aussi), pour reprendre l’expression bien connue. La plongée dans l’Amérique négrière vue par QT, prof’ d’histoire déluré en puissance, vaut le détour. Étant totalement néophyte, mes réactions étaient en total décalage avec celles majoritaires dans le public pendant une bonne heure. Et puis j’ai fini par me caler et apprécier. Parfois étrange, parfois grave, drôle, surprenant ou totalement effarant, Django Unchained est surtout un film marquant. Même si ce n’est pas une peinture type réalisme historique (et, franchement, ce n’est pas ce qu’on lui demande) ça pousse à réfléchir un peu.

Le petit plus complètement jouissif ? Le rôle de DiCaprio, qui est complètement écœurant. Exempt de bonté et d’humanité, à mon sens. Et ça fait du bien ! J’ai passé mon temps à le haïr du plus profond de ma conscience. Dans un autre registre, Christoph Waltz et ses aptitudes linguistiques m’ont vraiment plu. Je suis étudiante en allemand, entre autres choses, alors il m’a vite conquise. Grande classe accompagnée d’un accent et d’une diction que j’ai trouvés très british.

Le mot de la fin ? La bande originale m’a charmé les oreilles. Elles ont fait grâce à elle un voyage plus qu’agréable. Moralité ? J’ai du retard à rattraper. Tarantino, me voilà.

Je le recommande donc chaudement ! Néanmoins l’avis « -12 » sur le ticket n’est pas simplement une considération esthétique. Le genre peut effectivement mettre mal à l’aise. Personnellement ma sensibilité va bien. Le « no horses were harmed », aucuns chevaux n’ont été blessés, m’est allé droit au cœur.

Django Unchained est ainsi la lecture particulière d’un épisode particulier et épineux de l’histoire des États-Unis. L’œil de QT fait ressortir toute la violence et la profonde injustice que cet épisode a pu contenir.

En bref

Logo du film "Django Unchained", Quentin Tarantino, 2013.
© Columbia Pictures

Quand ? Deux ans avant la guerre de sécession aux États-Unis.
Où ? Dans le Sud des États-Unis.
Qui ? Django, un esclave noir, trouve sur son chemin le Docteur Schultz, un personnage aux méthodes étonnantes. Il fera de lui un homme libre. Django devient donc un esclave affranchi, mais en pleine période d’esclavage, un « nègre » libre, ça ne coule pas de source. Django à cheval et voilà une ville qui défaille. Il deviendra en quelques sorte l’assistant de Schultz. Mais le vrai problème de Django c’est sa femme, qui est bien loin de couler des jours heureux.

@aleksduncan

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