Une dame de fer

Ce jour-là j’étais partie à la recherche une BD française et puis Miss Jack m’a un peu parlé d’une autre. Là j’ai été lamentablement déconcentrée. L’autre c’est Lady Mechanika, femme mécanique échappée de l’esprit de Jo Benitez.

Couverture du premier tome de Lady Mechanika. © Joe Benitez
© Joe Benitez

A chaque ville son héros torturé qui veille. Gotham ne serait rien sans Batman, Metropolis est surveillée par Superman et Mechanika, ville prospère d’une Angleterre victorienne steampunk, est sous la protection de Lady Mechanika. Et permettez-moi de vous dire qu’elle a ce qu’il faut pour tenir tête aux meilleurs Avengers.

Lady Mechanika, seule survivante des expériences d’un Docteur Frankenstein étrange et inconnu s’amusant à mécaniser ses victimes, a fini par devenir détective aux tendances aventurières et intrépides. Héroïne des feuilletons des journaux, auxquels elle doit son nom, elle est aussi à la recherche de ses souvenirs.

Avant son réveil au sein du sordide Ministère de la Santé, dans un corps modifié, il n’y a rien. Qui l’a transformée ? Avec qui se trouvait-elle ? Autant de mystères qu’elle espère percer, aidée du sympathique Lewis, en résolvant ces affaires qui dépassent les autorités.

Si vous aimez les comics, je ne peux que vous conseiller de lire celui-ci. D’abord parce qu’il est dynamique. Les pages se tournent à grande vitesse, on veut comprendre l’histoire de milady, qui tient émotionnellement beaucoup de la machine, percer ses secrets et on se prend vite au jeu du détective. Globalement on a là quelque chose qui est digne d’un film, avec assez peu de temps morts, des scènes d’action très bien menées et pas réellement de moments plats.

Mais aussi parce que les tenues qu’on rencontre sont magnifiques. Benitez s’est d’ailleurs inspiré des cosplays steampunk pour les créer, leur rendant un bien bel hommage, en évitant assez bien l’écueil du cliché. Lady Mechanika a évidemment de la tenue (très) avantageuse, mais les quelques belles robes de «dames » font de beaux ouvrages.

Ceci étant dit, on sent bien le dessin de mecs… Sérieusement les gars, une fille avec des mensurations comme ça… Ca me semble difficilement possible. 😉 Le personnage a cependant assez de personnalité et de nuances pour que sa plastique ne devienne qu’un argument secondaire. Elle a aussi un vocabulaire fleuri étonnant, empreint de beaucoup d’élégance, Angleterre victorienne oblige. C’est un des charmes de cette histoire : tous les échanges se font dans un registre voulu ancien, ce qui ajoute au comique de certaines situations – tout en étendant votre vocabulaire, elle est pas belle la vie ?

Affiche Lady Mechanika. © Joe Benitez
© Joe Benitez

Je ne suis pas extrêmement callée en ce qui concerne la BD, fut-elle française ou américaine. De fait, je ne connaissais ni Benitez ni son trait, qui m’a pourtant tapé dans l’œil. Il est précis, efficace et retranscrit les émotions avec beaucoup de justesse. Je ne connaissais pas non plus Pete Steigerwald, dont le travail avec les couleurs n’est pas négligeable.

Il réussit à créer des ambiances types – allant du cirque à moitié glauque en pleine nuit au foyer chaleureux -, qui participent au dynamisme général. Étrangement, j’ai surtout été marqué par un passage en extérieur avec un ciel d’un très joli bleu.

En somme, ce premier tome met la barre bien assez haut pour donner envie de lire la suite, qui est prévue pour le mois d’octobre 2016. Ce qui me semble fichtrement loin.

Lady Mechanika No. 1, Benitez – Steigerwald, Glénat Comics > 12,99 €

 @aleksduncan

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