Les fins qui se font attendre

La fin.

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Quand une série que j’aime se termine.

Parfois, c’est un véritable déchirement. Quand on a aimé une histoire, une série, qu’on a guetté chaque semaine la sortie des épisodes et tremblé pour nos personnages préférés, il est difficile de se résoudre à dire au revoir à tout cela. C’est une sorte de tristesse qui pousse les fans de GOT à nous inonder (et je suis gentille) de post lacrymaux à chaque fin de saison.

Quand une série que j’apprécie se termine, je ne peux m’empêcher de ressentir un petit pincement au cœur. Bien sûr je pourrai toujours revoir mes épisodes préférés mais le frisson de la nouveauté aura disparu. Il est alors temps de dire au revoir aux personnages, au cadre et de passer à la suite. C’est ce que j’ai ressenti après avoir fini le drama musical Monstar dont l’un des personnages secondaires m’a particulièrement plu. À l’occasion d’un prochain article, je reviendrai peut-être dessus.

La fin est un mal nécessaire : elle permet de donner un sens à l’intrigue, une direction. Toute histoire tend, à mon sens, vers une fin, toute ouverte qu’elle soit. Elle permet de résoudre les intrigues principales et secondaires, de mettre fin aux divers désordres qui ont donné sa consistance au récit. C’est donc un élément essentiel. De plus, en tant que bouquet final, elle représente notre dernière vision de la série, la note finale de la symphonie.

S’il s’agit d’un couac, cela peut s’avérer complexe, comme vous l’avez peut-être constatégiphy-downsized (10) dans le cas de How I Met Your Mother. Oui, il s’agissait d’une série géniale, servie par des acteurs talentueux. Pourtant, quand on en parle aujourd’hui on doit aussi évoquer une fin assez mal accueillie par pas mal de fans et qui a causé un certain remue-ménage.

Selon moi, il existe autant de manières de rater une fin que d’écrire une histoire, mais dans le cas des séries télévisions, deux exemples me viennent à l’esprit. Il s’agit dans les deux cas d’une question de timing. En effet, une fin peut arriver trop tôt ou trop tard.

Trop tôt, la fin devient une frustration. On peut bien sûr citer le cas de cette merveille qu’est Sense8. L’annonce de cette fin ayant provoqué un tollé général et suscité la création d’une pétition (que j’ai signée), nous auront finalement droit à un épisode de clôture. Je ne peux pourtant pas me défaire de l’impression que cet univers si vaste aurait pu être exploité un peu plus. Il y avait matière à poursuivre. D’autre séries ont connus des fins prématurées, voir brutales. C’est le cas de Kyle XY, mon regret adolescent.

Oui, je peux comprendre que le déclin des audiences a poussé une chaîne à l’abandon. Mais ce n’était pas une raison pour finir sur un cliffhanger d’une rare fourberie (une sorte de contrefaçon maladroite de Star Wars). Je cite la dernière phrase : « Je suis ton frère.» Soyons sérieux, c’est de l’irrespect pour les fans. Au panthéon des fins tragiques, on peut également évoquer Firefly, précurseur dans la catégorie des fins arrachées de force par les fans.

Mais une fin peut également intervenir trop tard. Parfois les séries semblent vouloir étirer les intrigues, jusqu’à nous présenter une sorte de formule remâchée aussi fraîche et appétissante qu’une salade de fast-food. Dans cette catégorie, j’aurais tendance à placer Once Upon A Time.

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© ABC

Je suis cette série depuis ses débuts et, à mon humble avis, elle aurait dû s’arrêter bien avant la saison 6. Au fil de l’intrigue, certains rebondissements ont été trop utilisés pour être réellement intéressants. Je parle des découvertes de parentés du genre « Oh ! Mais tu es la cousine de l’arrière-grand-mère de la voisine de mon chien ! ». Au bout d’un moment, l’arbre généalogique de l’héroïne ressemblait à une peinture cubiste.

Les multiples retournements de veste de Regina et Mr Gold tenaient plus de la parodie façon Jacques Dutronc que de la réelle surprise. Cela ne m’a pas empêché de poursuivre cette série : en dehors de la très oubliable saison mettant en scène les omniprésentes héroïnes du dessin animé la Reine des Neiges, je n’avais au fond pas tant de raison de la classer parmi mes échecs. La saison 6 était articulée autour de l’annonce du combat ultime entre le bien et le mal. Le combat a eu lieu, le bien l’a emporté à la surprise générale et nous avons eu droit à une Fin.

Mais.

Récemment, j’ai eu connaissance du renouvellement de la série pour une septième saison. Non seulement cela sonne comme une sorte de rappel forcé mais de surcroît, une partie importante des personnages principaux sera absente car les acteurs ont quitté la série : Emma, les Charmants et Belle par exemple. Une question me vient alors à l’esprit : pourquoi ?

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L’argent, évidemment

Plus sérieusement, je m’inquiète vraiment quant à la qualité de cette nouvelle saison. En sachant que, à mon avis, la série s’essoufflait déjà, je sens arriver le ras-le-bol. Je ne vois pas trop comment la série pourrait se renouveler maintenant alors qu’elle n’a pas réussi à le faire auparavant. Mais, qui sait, peut-être que l’avenir me donnera tort et je vous donne rendez-vous à la prochaine saison pour vérifier mon diagnostic.

Once Upon a Time n’est pas la seule série qui, à mon avis, a fini trop tard. Je range aussi dans cette catégorie Glee et Awkward. Oui, prolonger Glee après que les personnages principaux aient quitté le lycée pour la vie active a permis de découvrir de nouveaux personnages et de nouveaux talents mais je trouve que la série était vraiment à bout de souffle quand elle s’est terminée.

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© MTV Production

Même chose pour Awkward. Si je me suis permis de ne pas présenter Glee, je ne suis pas sûre de pouvoir faire de même dans ce cas. Cette série américaine créée en 2011 et arrivée en 2012 en France met en scène les aventures d’une adolescente, Jenna Hamilton, qui devient populaire à la suite d’un quiproquo ; Tout le monde est persuadé qu’elle a tenté de se suicider alors qu’elle a simplement fait une mauvaise chute.

Si les premières saisons étaient sympathiques, la série a fini par se répéter. L’intrigue tournait systématiquement autours du couple formé par Jenna et Matty, un garçon de son âge toujours un peu paumé. Au bout d’un moment le schéma était toujours le même : ils s’aiment, ils ne s’aiment plus, ils vont vers d’autres personnes mais se remettent ensemble.

Attention, je ne dis pas que le fait qu’une série se prolonge au-delà de mes attentes est synonyme de catastrophe. Prenons l’exemple de Narcos, série Netflix. Les deux premières saisons étaient centrées sur la traque de Pablo Escobar. Je pensais que la série prendrait fin en même temps que la traque d’Escobar, mais une troisième saison est sortie, avec pour héros un personnage secondaire des deux saisons précédentes, l’agent Javier Peña.

Cette saison est excellente : elle met en scène les conséquences de la chute d’Escobar, à savoir l’élévation d’un cartel aux méthodes très différentes. Pour arrêter les leaders de ce cartel, l’agent Peña doit adopter des méthodes différentes. Cela permet à la série de ne pas se répéter vis-à-vis de l’intrigue avec Escobar. La plupart des personnages étaient présents dans les saisons ce qui permet d’approfondir leur personnalités respective, notamment dans le cas des « gentlemen de Cali ».  Si les nouveaux personnages sont moins approfondis, ils ont tout de même un rôle important dans l’intrigue. D’ailleurs, au fond, cette saison supplémentaire n’est pas si incongrue. La série s’appelle Narcos, pas Pablo Escobar. Évoquer d’autres narcotrafiquants me parait logique.

Ce n’est donc pas tant l’idée d’une saison supplémentaire là où on ne l’attendait pas que je critique, mais cette manie de presque toujours tirer sur la corde même quand une série s’essouffle. Non seulement la manie d’ajouter des saisons, mais aussi de proposer des spin-off d’une pertinence discutable (Young Sheldon par exemple), de décliner en dépit du déclin et de nous faire avaler des produits médiocres avec un enthousiasme de gaveur d’oies avant les fêtes (les végétariens me pardonnerons la métaphore, je n’ai pas trouvé d’équivalent végétal).

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Du neuf, c’est trop demander ?

Tout cela me blase. J’ai beau savoir que les séries répondent autant à une logique marchande qu’à une logique créative, le fait que la première prenne parfois de manière si flagrante le pas sur la deuxième et que nous, spectateurs, en payons le prix me déprime.

Je ne veux pas la énième saison du succès du moment, je ne veux pas le spin-off sur le personnage populaire si c’est juste pour me retrouver devant des scénarios médiocres et des intrigues réchauffées.

Sur ce, je retourne dans mon nid et vous dit à bientôt pour un nouveau billet !

Miss Jack

 

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