La première de Gamin’gônes

L’entrée est très sobre. Une ou deux affiches sur les portes vitrées de l’école. C’est en passant la porte que l’effet opère. Derrière, un groupe de bénévoles enthousiastes nous accueille entre deux tours d’un jeu de société. Une question sur l’électricité fait débat. « Dites-nous, commence l’un d’entre eux, est-ce qu’il a dit « du positif au négatif » en répondant « du plus au moins » à la question ? » De l’avis général, la réponse est non. Le temps de discuter et de payer nos places et nous voilà aiguiller vers les salles.

Affiche de la première édition des Gaming'Gônes à Lyon.

Cette première édition de Gamin’Gônes est porté par l’association lyonnaise G2L2, fondée en 2011. Derrière elle, l’envie de promouvoir les cultures de l’imaginaire et d’offrir de nouveaux événements à une communauté grandissante. Outre Gamin’Gônes, l’association organise le Fumble Fest et propose des émissions sur Youtube ou sur Twitch. Les grands moments de la convention y ont d’ailleurs été retransmis. A leurs côtés cette année, les associations LaDose.net, Nec Deus Nec Dominus et La Source.

Au programme du weekend : du freeplay, du stream, des conférences et des tournois sur Hearthstone, Heroes of the Storm, Tekken 7 et Street Fighter V. Tournois qui ont néanmoins tourné courts par manque de joueurs. Qu’à cela ne tienne, l’équipe s’est organisé. On a par exemple pu assister à une compétition d’exhibition de Tekken 7.

 

Des dizaines d’heures de jeu

La convention proposait aussi un nombre incalculable d’écrans plats, à tubes cathodiques ainsi que des supports allant de l’Amstrad à la Game Cube. Sans oublier la récente  Super Nes Mini. L’occasion donc de se replonger dans des souvenirs ou, comme moi, de rattraper un retard certain et de se faire la main sur des jeux comme Castlevania II ou encore Soul Calibur IV. Et autant dire que ce fut douloureux.

Parmi les invités, on a pu voir passer le youtubeur Iro, les streamers Besthial et Coyotte ou encore St0rml1ght, détenteur du record mondial de vitesse sur la version New Game Pro de Resident Evil 4 (Europe) sur Game Cube. Le samedi soir a ainsi été l’occasion de le découvrir et de le voir à l’œuvre en public.

Jeune homme de 18 ans, St0rml1ght a commencé à s’intéresser à Resident Evil 4 il y a environ cinq ans. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il commence à considérer le speedrun (ndlr : terminer le jeu le plus rapidement possible). Il passe ainsi sous la barre des deux heures à l’Automne 2015. Pour mémoire, son record s’élève aujourd’hui à 1 »48 »41 sur un jeu dont la durée de vie est estimée entre 15 et 20 heures. Oui messieurs-dames.

Khomenor et Rafo. On aperçoit St0rml1ght en bas à droite. © Aleksandra Duncan
Khomenor et Rafo. On aperçoit St0rml1ght en haut à droite. © Aleksandra Duncan

Animée par Rafo et Khomenor, la prestation de St0rml1ght était aussi retransmise sur Twitch. Entouré d’un petit public extrêmement studieux, il a fait montre de stratégie et de technique. Car n’importe qui ne peut pas faire de vitesse efficacement. Le speedrun demande en effet une connaissance très précise du jeu et de son scénario. Au point par exemple où St0rml1ght est capable de repérer l’oiseau qui lui apportera le meilleur gain dans un groupe ou de passer une grille à la milliseconde près.

La tactique jusque dans les bugs

Il vaut mieux aussi savoir faire bon usage des différents glitches (ndlr : un défaut qui peut parfois être exploité) du jeu afin de gagner du temps. On peut penser par exemple au striker glitch, qui permet notamment de gagner en vitesse ou au TMP glitch grâce auquel, avec une arme du même nom, il est possible de briser un cadenas à travers une porte fermée.

Tout est donc rentabilisé et même automatisé. Les cinématiques, qui font gonfler le chronomètre, sont sautées. Les déplacements se font en ligne droite. Beaucoup d’ennemis sont ignorés. L’inventaire est optimisé et les recharges se font par réflexe. Seule inconnue, la RNG (ndlr : Random Number Generator, ou générateur de nombre aléatoire, lorsque le système décide des actions des personnages ou des objets de manière parfois imprévisible), qui lui fera perdre un peu de temps.

Résultats et debrief. © Aleksandra Duncan

Le chronomètre du jeu rendra finalement la note : 1’50’19. St0rml1ght, déçu des erreurs dues à la RNG, justement, reste fier d’une prestation qui  semble spectaculaire. « Une minute cinquante c’est très propre, en live», ajoute-t-il. Il finit d’ailleurs même avant la limite des 23 heures, qui marquaient la tombée de rideau de Gamin’Gônes samedi soir.

@aleksduncan

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