Experte en fusées

Ayant récemment abandonné mon téléphone Windows (oui, on en fait encore !), j’ai découvert l’immensité du Play Store d’Android et, surtout, ses jeux mobiles. En tête sur ma liste de trouvailles se trouve Opus : Rocket of Whispers, des studios Sigono. On y incarne les deux derniers survivants d’une épidémie. Leur mission : apaiser les centaines de fantômes errants dans la région.

Dans cette autre réalité, l’espace est sujet d’adoration. Ponctuellement, les gens se rassemblent pour assister aux enterrements spatiaux (« space burials »), pratiqués par les sorcières. Selon la croyance générale, les morts sont renvoyés dans le cosmos pour atteindre la paix éternelle. Jusqu’au jour où une épidémie terrible s’abat sur la ville, faisant disparaître peu à peu la population et, avec elle, la construction de fusées. Seul, hanté par les fantômes des habitants, reste John. Il finira par rencontrer Fei, dernière sorcière de son ordre. Porteuse des traditions et de la sagesse de ses consœurs, c’est elle qui célébrera l’enterrement spatial. Pour peu qu’ils arrivent à faire décoller la treizième fusée.

Fei et John, au pieds du lanceur.
Capture d’écran : Fei et John, au pieds du lanceur de l’usine abandonnée.

Opus est porté par Sigono (anciennement Team Signal), un studio asiatique indépendant basé à Taïwan. Fondé en 2013, ce sont d’abord des jeux mobiles types arcades qui leur apportent le succès. En 2015, ils décident de revoir leurs méthodes et de proposer des jeux avec une ADN différente, plus profonde. Ils proposent cette année-là Opus : The Day we found Earth, qui lance l’univers dans lequel s’inscrit Rocket of Whispers.

Frustration post-apocalyptique

Le joueur incarne donc alternativement les deux survivants. La journée, on est mis dans les bottes de John, qui doit aller récupérer les matériaux nécessaires à la réparation de la fusée. Le soir, pour peu que l’on revienne les mains pleines de boulons et de tôles, on pourra aider Fei à se lancer dans les réparations de la fusée. John bricole lui aussi différents outils et objets récupérés sur son chemin. Pendant ses recherches, il peut en effet tomber sur les fantômes de différentes personnalités : il pourra faire le choix de les apaiser en retrouvant et réparant des objets perdus. Il récupère aussi, parmi les ruines, des souvenirs d’une époque faste.

En vue de dessus pendant les phases recherche, Opus propose de contrôler les déplacements du personnages au moyen d’un joystick virtuel mobile. Honnêtement, je ne suis pas douée sur un écran tactile. D’autant moins ici, puisque les contrôles sont assez raides. Le pauvre homme se déplace donc de manière saccadée et assez peu précise. Ceci étant dit, les déplacements sont plus souples sur des écrans plus grands (oui, je suis testeuse tout-terrain !), ayant plus d’amplitude.

John, au point de départ chaque matin.
John, au commencement de chaque journée.

Le jeu auquel on a accès est une démonstration, qui nous mène jusqu’au test de la première fusée à réparer, leur treizième tentative. Pour aller plus loin, il faudra débourser 2€08. La démo semble relativement rapide et simple, mais les choses se compliquent par la suite. John doit se déplacer plus loin tout en étant limité par différents phénomènes. D’ailleurs, trouver les cartes des zones est un atout, puisque les voyages prennent un temps que vous n’avez pas.

Les journées passent effectivement rapidement. A un point où cela devient franchement frustrant. Et n’imaginez pas non plus vous balader de nuit. Vous verrez peut-être deux mètres autour de vous. Quant aux fantômes, ils deviendront plus oppressants. J’ai bien tiré jusqu’à 22 heures (selon la montre de John), de rage de ne pas trouver ce que je cherche, pour finir par devoir faire demi-tour : le personnage ne coopère plus passée une certaine heure. Vous devrez aussi gérer votre temps face à des événements et des découvertes imprévues.

Le son du vide

Dans le fond et dans la forme, Opus se défend. Je n’ai jamais été fan des jeux en vue de dessus, qui brident un peu l’imagination et la perception à mon sens. Mais ici, il y a un énorme travail sur l’univers. Les événements, les fantômes et les objets que vous rencontrez apportent tous des clés de compréhension. On tombe par surprise sur des événements étranges, qui attisent la curiosité (ou l’instinct de survie, au choix). On rentre dans des fantômes perdus et, parfois, dans un esprit vindicatif. Quant aux objets, la plupart sont assortis d’une petite histoire. En parallèle de l’avancée de la fusée, ils permettent de découvrir la vie avant l’épidémie et le tournant qu’elle a représenté. La construction de la fusée apporte quant à elle les souvenirs de Fei et John.

L’environnement sonore reste le plus intéressant. Élégamment, il souligne le vide dans lequel vivent les survivants. La musique, qui ne s’impose pas lourdement, vient renforcer des épisodes et colore la vie dans l’usine. D’une délicatesse tranchant nettement avec leur situation, elle a un petit quelque chose de givré qui complimente l’Hiver dans lequel ils se trouvent. Le reste du temps ? Du vent, des bruits de pas ou de portes et une absence assez critique de vie, en dehors des soupirs des esprits.

En ce qui me concerne, la quatorzième fusée n’a pas encore décollé mais je suis optimiste. Je suis à un bidon d’essence abandonné de la victoire. Reste la sacrée pile de demandes des esprits errants sur le chemin, dont je ne m’occupe que par hasard. C’est mal. Je sais…

 

Opus : Rocket of Whispers est disponible sur Android et iOS.

@aleksduncan

 

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