Le rêveur et le « poisson-fille »

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Lectures

Mathias Malzieu est revenu en librairie au mois de février avec « Une sirène à Paris ». Dans ce roman aux allures de comédie fantastique, on rencontre Gaspard Snow, un rêveur au cœur rempli de fantômes, et sa péniche favorite, le Flowerburger.

Paris déborde. Nous voilà en 2016. Gaspard est un quarantenaire à roulette. Il négocie ses déplacements à travers le trop-plein de Seine en roller. Émerveillé un peu usé, il partage sa vie entre le Flowerburger et son « appartelier ». Musicien dans l’un, il entasse précieusement ses souvenirs dans l’autre. Au détour d’une balade, il fera une rencontre improbable en forme de réveil. Celle d’une sirène blessée, échouée sur les quais de Seine. S’il la sort d’une situation délicate, il ne maîtrise pas bien les conséquences qu’aura sa présence sur lui et sur la ville.

Parler au cœur

Ce roman est une lecture fluide et cadencée. Les chapitres, assez courts, vous laissent avec cette envie piquante d’en savoir plus. Ils vous emportent dans l’histoire, aidée par le regard plein de fantaisie de Mathias Malzieu. Qu’il s’agisse du monde qui nous entoure, des émotions nous traversent ou même de Paris, il émane de ses livres une grande sensibilité. Et des citations qui méritent leur place dans des papillotes.

« Ne restait qu’un regard de petite fille qui s’était assise sur le bouton « tremblement de terre ». »

Ses personnages, eux aussi, sont tout en sensibilité. Ils bénéficient d’attributs physiques évidents, tels les cheveux de Milena ou de Lula, mais s’incarnent surtout par leurs visions et leurs sentiments. A travers leurs tics et leurs espoirs ils se dévoilent progressivement. L’auteur leur confèrerait presque une écriture particulière, les rendant d’autant plus touchants et vivants.

« Une Sirène à Paris » offre une galerie de personnages forts aux profils finement dessinés. De la doctoresse control-freak à la voisine un peu trop sympa en passant par le père un peu bourru ou l’ami fidèle un brin maladroit, ceux sont autant des gens qu’on a pu connaître. Écailles mises à part, évidemment.

Un imaginaire tangible

Couverture du roman "Une Sirène à Paris", de MAthias Malzieu, paru chez Albin Michel.Dans ce dernier livre, l’auteur revient sur le deuil et sur la solitude. Par son sens de la poésie et sa sensibilité, il transmet les sentiments confus qui caractérisent ce drôle de passage de la vie, les rendant perceptibles. Ses personnages, reliés par une même douleur sourde, se trouve chacun à un stade différent de la peine. Le regard qu’ils lui portent, parfois cruel, est toujours émouvant.

On garde de cette lecture des impressions très fortes, presque palpables. L’auteur a construit des lieux dont on devine les couleurs, les lumières et les matières comme si on s’y tenait. De même, en bon amoureux de Paris, il donne aux lecteurs une jolie balade touristique pleine de paysages fantasques.

@aleksduncan

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